Dirigeant de Pompes Funèbres à Lucé : Un engagement humain au-delà des chiffres

Dirigeant de Pompes Funèbres à Lucé : Un engagement humain au-delà des chiffres

Le choix de l'humain face au profit

On imagine souvent le dirigeant d’entreprise derrière un bureau, les yeux rivés sur des bilans comptables ou des parts de marché. Dans le funéraire, et particulièrement dans mon agence de Lucé, ma réalité est tout autre.
Être dirigeant ici, c’est faire un choix radical : celui de l’humain présent face au profit lointain.
Mon rôle n'est pas de gérer des dossiers, mais d'accompagner des vies.

I. Choisir la présence plutôt que l'ouverture systématique

Il m'arrive souvent de croiser des confrères surpris de voir mon agence fermée alors que je suis sur le terrain. Ma réponse est simple : la famille qui m'attend dans la chambre funéraire ou au cimetière a "besoin" de moi. Elle porte le poids de l’émotion, de la fatigue et du stress, et je me sens responsable d'eux, autant que de leur défunt.
Si je dois fermer la porte de l'agence, manquer un appel ou une visite impromptue pour garantir que la cérémonie d’une famille qui m’a fait confiance est parfaite, je le fais sans hésiter. Je trouverais irrespectueux de chercher à rester ouvert pour attendre une potentielle famille alors que des personnes qui comptent sur moi enterrent leur proche. Mon agence est au service des familles présentes, pas de celles que je pourrais éventuellement capter au détriment de ma mission actuelle.

II. La déontologie : Le respect comme ligne rouge

La déontologie n'est pas qu'un texte de loi, c'est une pratique du cœur. Même si je ne connais pas personnellement les défunts que nous accompagnons, je m'impose un rituel : une fois que la famille a fait son dernier geste, je m'incline seul auprès du cercueil.
Je remercie sincèrement cette personne d’avoir été présente, d’avoir compté pour ceux qui l'entourent. Je refuse de devenir "distant" avec l'émotion. Je m'autorise à projeter, à me rappeler que ce défunt est le père, la mère ou l'enfant de quelqu'un. Cette proximité émotionnelle est ma boussole pour garantir une dignité absolue, du domicile jusqu’à la crémation à Mainvilliers ou l'inhumation au cimetière Saint-Chéron.

III. Le savoir-être : L'exigence du regard extérieur

Je veille scrupuleusement au savoir être de mes équipes. Pour moi, le respect commence par un pli de pantalon impeccable et se termine par une écoute attentive. Je forme mes collaborateurs à une discipline de l'image :
« Ne regardez pas seulement ce que vous faites, regardez ce que la famille voit. »
J'ai déjà dû avoir des échanges musclés pour rappeler qu'on ne porte pas une urne sous le bras avec une caisse à outils dans l'autre, sous prétexte de ne pas faire attendre la famille. La précipitation ne doit jamais piétiner le sacré. Je cherche chez mes collaborateurs cette humilité et cette capacité à se mettre en retrait pour laisser toute la place au deuil des proches.

IV. Une entreprise "familiale" par le sacrifice

Si ma femme et mes enfants ne travaillent pas à mes côtés en agence, mon entreprise est pourtant profondément familiale par son fonctionnement. Elle repose sur leur soutien et leur sacrifice moral.
Quand mon téléphone sonne un dimanche soir à 20h, ma maison devient silencieuse pour respecter la détresse au bout du fil. Même mon fils de deux ans, Armand, comprend l’importance de ce calme.
Ma famille offre le temps que nous devrions passer ensemble à d'autres qui souffrent. C’est cette dimension humaine, cette disponibilité 24h/24, qui définit l’esprit de mon agence à Lucé.

V. L'ancrage local : Devoir d'insertion et d'exemplarité

Située à proximité des lycées de Chartres, mon agence est un lieu d'insertion. Accueillir des stagiaires et leur montrer la réalité du métier — ses joies, ses réussites, mais aussi ses échecs — est pour moi un devoir. Je m'inspire de l'exemple de mon père, lui-même engagé dans l'accompagnement des autres, pour transmettre une vision saine de l'entrepreneuriat local.
Je veux que l'on puisse me parler simplement. Quel bonheur de voir un voisin me saluer à travers la vitrine, ou de recevoir la visite d'une dame venue m'annoncer qu'elle est arrière-grand-mère. Ces moments de vie sont le contrepoids nécessaire à la gravité de notre quotidien.

Conclusion : Ma véritable réussite

Le bilan comptable est une nécessité pour durer, mais mon véritable moteur, c'est votre reconnaissance. Je suis infiniment plus dynamisé par un avis Google spontané ou un remerciement à l'issue des obsèques que par n'importe quel indicateur financier.
Quand vous écrivez : « Allez voir Monsieur Mercier, il s'occupe de vous », vous validez mon engagement. Chaque soir, en éteignant la lumière de l'agence, je repars avec la satisfaction d'avoir honoré une vie et soutenu une famille. C’est pour cela que je fais ce métier.

Pierre-Etienne MERCIER - Dirigeant de POMPES FUNEBRES DE FRANCE Chartres - Lucé

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