Caveau funéraire : quelle différence avec une tombe en pleine terre et combien ça coûte ?

 Caveau funéraire : quelle différence avec une tombe en pleine terre et combien ça coûte ?

Ce matin, avant même 10 heures, j’ai eu deux conversations différentes avec deux personnes qui me parlaient… de caveaux funéraires.

La première faisait suite à une ouverture de monument que nous devions réaliser pour une inhumation.

La seconde était beaucoup plus simple : vers 8h30, un monsieur m’a téléphoné pour me demander combien coûtait un caveau deux places à Nogent-le-Phaye.

J’étais en voiture, mais cette question là, je la connais par cœur : 2 450 € TTC, dans notre cas, pour la fourniture et la pose d’un caveau deux places, hors monument, gravure et autres prestations.

Ces deux conversations m’ont fait réaliser une nouvelle fois à quel point le vocabulaire du cimetière peut être compliqué pour les familles.

Alors, au fond, qu’est-ce qu’un caveau ? Quelle est la différence avec une sépulture en pleine terre ? Pourquoi peut-on avoir un monument sans caveau ? Pourquoi une ouverture de monument peut-elle parfois entraîner un supplément ? Et combien faut-il prévoir pour faire installer un caveau ?

Je vais essayer de vous l’expliquer simplement, comme je le ferais si vous étiez devant moi à l’agence.

Un monument n’est pas forcément un caveau

C’est probablement la première chose qui revient souvent: 

Quand vous regardez une tombe dans un cimetière, vous voyez généralement un monument en pierre ou en granit : une pierre tombale, une stèle, parfois des semelles ou un entourage. Mais ce que vous voyez en surface ne permet pas forcément de savoir ce qui se trouve dessous.

Un monument peut être installé au-dessus d’un caveau.  Mais il peut également être installé sur une sépulture en pleine terre.

Et c’est précisément ce qui nous est arrivé ce matin: Nous pensions intervenir pour l’ouverture d’un monument installé sur un caveau. C’est d’ailleurs sur cette base que notre prestation avait été chiffrée. La veille de l’intervention, le cimetière nous a informés que la sépulture était en réalité une sépulture en pleine terre.

Cela changeait une chose importante : après avoir ouvert le monument, il fallait également creuser pour permettre l’inhumationL’ouverture et la fermeture du monument étaient déjà prévues dans notre devis. En revanche, le creusement ne l’était pas.

Et un creusement, ce n’est pas simplement « enlever un peu de terre ».

Selon la configuration du cimetière et les conditions d'accès, le marbrier doit pouvoir intervenir avec le matériel adapté : pelle mécanique ou autre engin de chantier lorsque cela est possible, ou parfois simplement… une pelle et beaucoup d'huile de coude lorsque l'accès ne permet pas de faire autrement.

Il faut également prévoir la gestion de la terre retirée. Elle peut devoir être stockée temporairement dans un big-bag, déplacée ou évacuée en partie. Après l'inhumation, la terre doit ensuite être remise en place. Cela représente donc du temps de travail, du matériel, de la manutention et de l'organisation supplémentaire pour le professionnel qui intervient. Dans notre cas, le supplément correspondait uniquement à cette opération de creusement. Et c'est justement le genre de chose qu'une famille ne peut pas forcément imaginer lorsqu'on lui annonce simplement : « il faudra ouvrir le monument ».

Un monument, un caveau, une pleine terre : quelle différence ?

Je trouve important de prendre quelques lignes pour expliquer les mots que nous utilisons dans notre métier.

Le monument funéraire, c'est principalement la partie visible de la sépulture. C'est ce que vous voyez lorsque vous vous promenez dans un cimetière : le granit, la pierre tombale, la stèle, les éventuels éléments décoratifs.

Le caveau, lui, est une construction située sous le monument. Il est généralement constitué d'éléments en béton et est destiné à recevoir un ou plusieurs cercueils.

La pleine terre, c'est différent. Le cercueil est alors inhumé directement dans une fosse creusée dans le sol, a même la terre. Cela ne signifie pas pour autant qu'une sépulture en pleine terre ne comporte aucun élément en béton. Il peut notamment y avoir une semelle béton et une fausse case, qui servent notamment de support et de sous-bassement au monument.

Pour simplifier, lorsque vous regardez une tombe, vous pouvez donc avoir :

un monument posé sur un caveau  ou  un monument posé sur une sépulture en pleine terre.

La différence se trouve essentiellement sous ce que vous voyez. Et depuis la surface, il n'est pas toujours possible de savoir avec certitude ce qui a été réalisé.

Pourquoi découvre-t-on parfois la situation seulement au moment de l'ouverture ?

C'est une question que l'on peut légitimement se poser.

Dans le cas dont je vous parle, la famille ne nous avait évidemment pas volontairement donné une mauvaise information. La personne que nous accompagnions avait enterré ses grands parents plusieurs années auparavant et découvrait aujourd'hui les réalités du funéraire. Elle ne savait tout simplement pas précisément ce qui avait été construit sous le monument.

Et je trouve important de le préciser : les familles ne sont pas censées connaître le vocabulaire ou les techniques du funéraire.

Ce n'est pas leur métier.

Une famille peut parfaitement penser qu'une tombe avec un monument est forcément construite sur un caveau. Les archives du cimetière peuvent également être anciennes, incomplètes ou ne pas permettre de répondre immédiatement à toutes les questions.

De notre côté, nous faisons plusieurs devis chaque jour. Lorsque nous établissons un premier devis, nous travaillons avec les informations dont nous disposons à ce moment-là. Nous ne pouvons pas toujours aller vérifier physiquement chaque sépulture avant même que la famille ait décidé de nous confier les obsèques.

Et certaines informations ne sont confirmées qu'ensuite, notamment auprès du cimetière.

C'est une réalité de notre métier : un devis peut parfois être établi alors que certains éléments techniques ne sont pas encore totalement vérifiés.

Dans notre cas, nous aurions dû mieux préciser les choses

Je pourrais simplement expliquer que la famille nous avait donné une information incomplète.

Ce serait vrai.

Mais ce ne serait pas toute l'histoire.

Avec le recul, nous aurions dû mieux expliquer dans notre devis que notre tarif d'ouverture concernait une ouverture de monument sur caveau et qu'un creusement supplémentaire pouvait être nécessaire si la sépulture était en pleine terre.

La famille aurait ainsi su dès le départ qu'une différence de prix pouvait exister.

Je préfère le dire clairement.

Dans le funéraire, une famille ne devrait pas avoir le sentiment qu'un supplément apparaît au dernier moment, même lorsque ce supplément correspond réellement à un travail supplémentaire qui doit être effectué.

C'est aussi notre rôle de conseiller funéraire de penser à ces questions auxquelles les familles ne pensent pas forcément.

Mais il y a une difficulté réelle : faut-il expliquer dès le premier rendez-vous toutes les situations qui pourraient éventuellement se présenter, au risque de noyer une famille dans des hypothèses alors qu'elle doit déjà prendre beaucoup de décisions ?

Ou faut-il lui transmettre les informations au fur et à mesure qu'elles sont confirmées, au risque que cela donne parfois l'impression que le dossier évolue au fil des jours ?

Je n'ai pas de réponse parfaite à cette question.

En revanche, je pense qu'une chose est essentielle : lorsqu'une incertitude peut avoir une conséquence financière, elle doit être expliquée à la famille.

C'est notamment ce que nous devons améliorer dans ce type de situation.

Pourquoi une ouverture de monument peut-elle coûter plus cher en pleine terre ?

Dans l'exemple dont je vous parle, notre tarif comprenait l'ouverture et la fermeture du monument. Mais nous pensions intervenir sur un caveau. En réalité, il fallait creuser une fosse en pleine terre.

Le marbrier devait donc prévoir une intervention supplémentaire : matériel de terrassement lorsque l'accès le permet, ou travail manuel lorsque cela est nécessaire, gestion de la terre, stockage ou évacuation d'une partie des déblais, puis remise en place de la terre après l'inhumation.

Ce sont toutes ces opérations qui expliquent le supplément. Ce n'est donc pas un « supplément pour avoir découvert une mauvaise nouvelle ». C'est le coût d'un travail supplémentaire qui n'était pas prévu dans la prestation initialeCette distinction est importante pour moi.

Il peut aussi y avoir d'autres surprises sous un monument

Et c'est une autre réalité de notre métier.

Lorsque nous ouvrons un monument, nous découvrons parfois une situation différente de celle que nous imaginions:

- Un caveau peut par exemple être fortement rempli d'eau.

- Il peut également ne plus y avoir de place disponible pour le cercueil supplémentaire que la famille pensait pouvoir y déposer.

- Et cela peut arriver aussi bien dans un caveau qu'en pleine terre : une sépulture ancienne peut ne plus présenter les conditions que la famille imaginait.

C'est pourquoi je me méfie toujours des phrases comme : « Il y a déjà un caveau, donc il n'y aura aucun problème. »

Un caveau peut exister, mais il faut encore savoir combien de places il comporte, combien sont déjà occupées et dans quel état il se trouve.

Combien coûte un caveau funéraire ?

C'est la deuxième question que l'on m'a posée ce matin.

À titre indicatif, voici les tarifs que nous pratiquons actuellement pour la création d'un caveau dans notre secteur, autour de Chartres.

Type de caveauTarif TTC indicatif
Caveau 1 place2 050 €
Caveau 2 places2 450 €
Caveau 3 places et plusSur devis


Ces tarifs correspondent à la fourniture et à la pose du caveau uniquement.

Ils ne comprennent donc pas :

  • le monument funéraire ;

  • la gravure ;

  • le prix de la concession ;

  • une éventuelle semelle béton nécessaire à la pose du monument;

  • un éventuel remblai béton lorsqu'il est demandé, qui peut représenter environ 300 € ;

  • certaines taxes ou vacations éventuellement demandées par la commune ;

  • les autres prestations liées aux obsèques.

Il est donc important de ne pas comparer directement le prix d'un caveau avec le prix total d'une tombe ou d'une inhumation : ce ne sont pas les mêmes prestations.

Combien de cercueils peut contenir un caveau deux places ?

Là encore, le vocabulaire peut prêter à confusion.

Un caveau deux places est généralement conçu pour recevoir deux cercueils superposés, dans deux cases. Mais il existe également des configurations dans lesquelles plusieurs cercueils peuvent être disposés côte à côteDans ce cas, ils peuvent notamment être positionnés tête-bêche, afin d'optimiser l'espace disponible.

La configuration dépend notamment du type de caveau, de la largeur de la concession et des possibilités techniques du cimetière. C'est pour cette raison qu'un caveau « deux places » ne doit pas être imaginé comme une simple boîte contenant deux cercueils placés l'un à côté de l'autre.

Le prix d'un caveau est-il le même partout ?

Pas nécessairement.

Dans l'agglomération de Chartres, nos tarifs restent relativement stables.

En revanche, lorsque nous intervenons plus loin, les coûts d'intervention peuvent évoluer. Par exemple, pour certaines communes comme Dreux, notre fournisseur/marbrier applique actuellement un supplément de l'ordre de 20 %Lorsque nous allons encore plus loin, j'essaie autant que possible de trouver un professionnel local. Mais lorsque je ne travaille pas régulièrement avec lui, le tarif proposé peut parfois être supérieur.

Le prix d'un caveau dépend donc aussi de la localisation du cimetière, de son accessibilité et des conditions dans lesquelles le professionnel doit intervenir.

Et si je ne sais pas s'il y a déjà un caveau ?

C'est une question que vous pouvez tout à fait poser.

Si vous avez un monument familial existant mais que vous ne savez pas ce qu'il y a dessous, dites-le simplement au conseiller funéraire. Ne cherchez pas forcément à employer le bon terme. Vous pouvez simplement dire :

« Il y a une tombe familiale, mais je ne sais pas s'il y a un caveau dessous. »

C'est à nous ensuite de chercher les informations disponibles et de vous expliquer ce que nous savons, ce que nous ne savons pas encore et ce qui devra éventuellement être vérifié. Et si une incertitude peut avoir une incidence sur le prix, elle doit apparaître clairement dans les explications données à la famille.

Peut-on connaître le prix d'un caveau avant de se déplacer ?

Oui. Chez nous, nous avons fait le choix de rendre nos tarifs aussi accessibles que possible. Vous pouvez demander un devis gratuit en ligne.

Vous pouvez également venir à l'agence pour établir un devis gratuit, sans obligation de commande.

Et pour les personnes qui souhaitent simplement se renseigner, notre agence met également à disposition un classeur intitulé « Documentation générale », dans lequel nos informations tarifaires sont consultables.

Je trouve cela important. Lorsqu'une famille vient nous voir après un décès, elle doit pouvoir comprendre ce qu'elle achète et pourquoi elle le paie.

Ce qu'il faut retenir

Si je devais résumer tout cela en quelques phrases, je dirais simplement :

Un monument n'est pas un caveau.

- Le monument est la partie visible de la sépulture.

- Le caveau est la construction située dessous.

- Une tombe peut donc avoir un monument en granit et être pourtant une sépulture en pleine terre.

Lorsqu'une ouverture est prévue, il est donc important de savoir, autant que possible, ce qui se trouve réellement sous le monument. Et lorsque cette information n'est pas certaine au moment du devis, il faut le dire. Parce que derrière une question apparemment très simple — « combien coûte un caveau deux places ? » — il y a souvent une autre question : « Qu'est-ce que je vais réellement devoir payer, et est-ce que je peux être sûr qu'il n'y aura pas de mauvaise surprise ? »

C'est une question parfaitement légitime. Et c'est précisément le rôle d'un conseiller funéraire de prendre le temps d'y répondre.


Pierre-Etienne MERCIER - Dirigeant et conseiller funéraire POMPES FUNEBRES DE FRANCE CHARTRES - Lucé

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